Compte-rendu 17/11 : Biarritz – Bayonne

Nos espoirs se sont imposés samedi après-midi, 23-27, dans le derby Basque.

Eh Cheikh et Maka !!!

Comme l’échec et mat du célèbre jeu de stratégie, si cher à Gary Kasparov, je paraphrase cette formule pour mettre en exergue les deux principaux protagonistes de ce match aux rebondissements variés et divers.
L’échiquier vert du jour, sans gilets jaunes pour le ceinturer, était noir de monde, pour voir les bleus et blancs s’affronter dans ce jour de derby, sous un soleil basque doux et radieux.
Le début du match voyait l’équipe Bayonnaise prendre le jeu à son compte, alternant entre le jeu d’avants et les lancements au large d’attaque des trois-quarts, on pouvait dire pour faire plaisir à un célèbre consultant parisien de notre télé que tous les observables étaient réunies, conservation, circulation, pénétration, contournement, prise d’intervalle, presqu’un tableau noir au réel, je caricature bien sûr, quoi que…
Ces si fameux observables laissaient deviner la tendance qui allait se poursuivre tout au long du match, domination en touche des Biarrots et mainmise Bayonnaise sur la mêlée.
À la 10ème minute, nous allons ouvrir le score sur une pénalité de Cheikh Tiberghien, de son pied gauche qui allait se montrer si précis tout l’après-midi, 0-3 pour Bayonne.
Pendant le 1/4 d’heure qui suivit, notre domination constante, nous faisait camper dans le camp biarrot, sans être trop en danger.
Le jeu était plaisant et semblait ravir la nombreuse assistance, mélange basque de Biarrots, de Bayonnais et de sympathisants des deux bords rassemblés
Nous venions d’entamer la 25ème minute, quand sur un ruck rapide Zabalza, le 1/2 de mêlée Bayonnais jouait un petit côté avec son ouverture, Alex Gouaux, ce dernier s’infiltra dans l’intervalle avec Tiberghien à sa gauche, pas de surnombre créé. Alex décide de taper, loin devant, au ras du sol, le ballon flirte avec la ligne de touche, Cheikh accélère, au fond du terrain l’arrière biarrot semble pouvoir s’emparer, sans trop de difficultés, du ballon, mais il se mélange les pinceaux et oublie la gonfle en route. Cheikh ramasse le ballon oublié et va marquer l’essai et le transformer illico presto, première prise en passant de la pièce maîtresse du jour, 0-10 pour les bleus.
5 minutes plus tard, un choc, impressionnant de bruit et de fureur, eut lieu entre deux joueurs  Bayonnais, le talonneur Goyeneche et le seconde ligne Polutele. Le premier se releva comme si de rien n’était.. Le second resta au sol secoué de convulsion, aussitôt alerté par les bancs de touche affolé et son assesseur, l’arbitre interrompit le match pour permettre aux médecins d’intervenir avec promptitude et célérité auprès de Maka, inanimé, sur la pelouse.
L’arrêt de jeu dura, environ, 1/2 heure, les pompiers, le Samu intervinrent à tour de rôle et prirent en charge notre joueur fortement commotionné, qui fut emmené dans une ambulance vers l’hôpital de Bayonne.
Le jeu reprit, après cette longue pause, les Biarrots repartirent beaucoup mieux que nous et marquèrent un essai transformé qui ramena le score à 7-10. Juste avant la mi-temps, Cheikh continua son sans-faute et passa une nouvelle pénalité qui nous vit creuser un peu plus l’écart 7-13.
Le début de la seconde mi-temps était une copie conforme de la fin de la première, une domination biarrotte, qui trouvait son point d’orgue par sa domination, sans partage, en touche avec les prises impeccables de leur tour de contrôle argentine qui culminait, largement, au-dessus des 2 mètres.
De plus nous accumulions les fautes dans ce secteur de jeu, entre saut à contre-temps et lancers très aléatoires et ce qui devait arriver, arriva. Suite à une pénalité rapidement jouée, le très bon 3ème ligne Biarrot, Bernat, prit tout le monde de vitesse et alla marquer son essai entre les barres, transformation facile et réussie, le BO prenait les devants et menait 14-13.
Nos bleus semblaient un peu toujours choqués par l’accident de Maka et ressemblaient à des boxeurs au bord du ko technique, le buteur Biarrot en profita pour faire gonfler le score, au tableau d’affichage, pour passer à 23-13 à moins d’un quart d’heure de la fin du match. Il y eut même deux cartons rouges, un de chaque côté, qui semblait anecdotique (60ème minute), un comble dans un derby très propre.
On semblait s’acheminer vers une victoire des locaux, quand soudain une interception d’Aymeric Luc (67ème minute) modifia complètement la donne et permit aux Bayonnais de revenir à 3 points, 23-20. Dans les deux camps, on fit donner le banc et l’arrière-ban, côté Bayonnais le Thaïlandais Lalanne multiplia les charges, Ayarza, rentré au centre, agressa avec sa vitesse la ligne de défense Biarrotte au centre du terrain.
Les bleus avait remis la main sur le match au bon moment, juste dans le money-time, bousculant les descendants de Blanco dans leurs ultimes retranchements. Plus que deux minutes à jouer, les blancs et Aguilera s’arc-boutaient à leurs 3 petits points d’avance, priant la vierge sur son rocher de les aider. Peine perdue, une nouvelle attaque bleue, Iñaki Ayarza qui rentre sa course et fixe deux défenseurs adverses, ouvrant un intervalle gagnant pour l’inévitable Cheikh qui sur un crochet intérieur, laisse le dernier défenseur dans l’herbe et s’en va aplatir l’essai de la gagne entre les barres, transformé par Barada 23-27 pour les bleus.
Il reste 3 minutes à jouer annonce l’arbitre, notre domination continue, on ne lâche rien, Cheikh croit même marquer un nouvel essai, pour signer un triplé dans ce match si particulier, mais le référé du jour ne le valide pas. Peu importe, il siffle la fin du match, la victoire est toujours meilleure quand on l’arrache dans l’adversité, il faut toujours se souvenir cette citation de Corneille dans le Cid : À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire !!!
Nous avions bien révisé nos classiques, Biarritz restera, jusqu’au match retour, la banlieue de Bayonne, mais on sait que tout cela est aléatoire et tiens parfois à l’irrationnel ou au coup de rogue d’un roi qui veut infliger un échec et mat à son adversaire favori.
Savourons vite cela, dès ce week-end, l’armada de Clermont viendra à la Floride à 15 heures pour tout remettre en question…

Fiche technique

Biarritz

Carassus;

Terradot, Vergnaud, Lopez, Nicoué

Perraux (o), Dassance (m)

Hirigoyen (cap), Jalagonia, Bernat

Backhouse, Smidt

Nutsubidze, Mena, Erdocio.

Entrés en jeu : Peyresblanques, Le Bonnec, Barrague, Bomard, Donnadieu, Tsouladzé, André

2 essais : Nicoué (32e), Bernat Girlando (41e). 2 transformations : Carassus (33e, 42e).3 pénalités : Carassus (47e, 53e, 67e)

Carton rouge : Bomard (60e, brutalité).

Bayonne

Luc

Tiberghien, Martocq, Dolhagaray, Duhau

Gouaux (o), Zabalza (m)

Darlet, Bidegain (cap), Duterte

M. Polutélé, Castillon

Ezpeleta, Goyeneche, Dumain

Entrés en jeu : Martin, Bresolin, Lalanne, Pachebat, Aguerre, Barada, Le Gall, Ayarza

3 essais : Tiberghien (24e, 78e), Luc (69e). 3 transformations : Tiberghien (25e), Barada (69e), Zabalza (79e). 2 pénalités : Tiberghien (12e, 38e)

Carton rouge : Bidegain (60e, brutalité)

Carton blanc : Pachebat (66e, faute technique)

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